morceaux_de_machines, l’historique
La genèse de morceaux_de_machines remonte au milieu des années 1990 à Québec, alors qu’Aimé Dontigny et Érick Dorion animent “Napalm Jazz” à CKIA-FM, émission hebdomadaire de deux heures où l’auditeur est convié aux expérimentations sonores les plus poussées qu’on puisse trouver sur les ondes. Mélangeant l’avant-garde, le hip-hop, le free jazz, l’électronique et toutes sortes de musiques trouvées, nos deux comparses travaillent déjà à forger une esthétique qui les suivra longtemps après.
En 1998, Napalm Jazz devient une formation, avec l’ajout du saxophoniste Philémon. Leur unique album Free transgénique est enregistré et devient une des premières publications de l’étiquette No Type, et demeure à ce jour l’une des plus populaires du catalogue. En 2000, l’émission s’éteint, mais le groupe persiste, et on a pu le voir en spectacle récemment en compagnie de Martin Tétreault et Sam Shalabi.
Mais le duo infernal d’Aimé Dontigny et Érick Dorion, ce noyau dur que ses protagonistes se plaisent à éclater pour notre plus grand bonheur sonore, subsiste
Si le médium n’est plus la radio, il n’en demeure pas moins que Dontigny et Dorion ont gardé intact le côté immédiat et sans concession de leur démarche des premières années. Improvisateurs aguerris, ils savent amener l’auditeur consentant dans une aventure sonore qui les laissera pantois plus d’une fois. Mais si ce dynamisme et cette tension nous semble quasiment théâtraux, c’est qu’il s’agirait d’une sorte de théâtre de la cruauté, imperméable aux fausses sentimentalités de l’harmonie et férocement déconstructeur des systèmes déifiants tel celui de Bach.
Ne s’agit-il pas que de bruit